Un business plan, ça sert à rien !

What ? Mais bien sûr que ça sert à quelque chose ! A l’école, la plupart des entrepreneurs, tout le monde nous dit qu’il faut avoir un business plan. C’est comme une règle : Toute activité de nature commerciale/entreprenariale doit s’appuyer sur un business plan.

Je suis convaincu que vous avez eu cette réaction ! Vous devez sûrement me prendre pour un illuminé. Pour autant, j’ai des raisons de croire qu’un business plan ne sert pas à grand chose. (Pour éviter de dire, qu’il ne sert à rien :p)

C’est parti pour la démonstration !

Âmes sensibles s’abstenir car ce contenu peut en étonner plus d’un.

Argument 1 : Le business plan est un pré-requis nécessaire pour la réussite de toute initiative entreprenariale.

Ah bon ? Donc, si 10% des startups réussissent de nos jours, c’est parce qu’elles avaient un business plan en béton ? NON. Les autres 90% ont échoué parce qu’elles n’avaient pas de business plan ? NON PLUS.

Le business plan n’est pas quelque chose d’indispensable. C’est un truc en plus mais bon si vous n’en avez pas tant pis. Arrêtons de nous martyriser la tête à chaque fois qu’on a une idée entrepreneurial : « Bon sang, j’ai une idée ! OK ! Première étape : Business Plan ! Je comprends rien, il y a 10 pages à remplir ! Ok, bon flemme, je laisse tomber ! »

D’ailleurs, je ne suis pas le seul à l’affirmer. Regadez cet TEDx Talk qui décrit les véritables raisons du succès d’une startup (Placez vous à partir de 3 min 35 pour les plus pressés :

Vous avez vu « Business plan » quelque part ? Moi, je n’ai rien vu.

Tu es aveugle ou quoi ? Il y a marqué « Business model » !

Oui l’artiste mais un business model ce n’est pas un business plan. Un business model permet de répondre à la question : Comment je vais gagner de l’argent avec mon business ? C’est différent.

A la limite, on a besoin d’un business model mais pas de business plan.

Argument 2 : Un business plan permet de structurer une stratégie au travers de différents rubriques. Une stratégie sur le long terme.

Bullshit ! Prenons le modèle de business plan fourni par Word. J’ai les sections suivantes :

  • Synthèse ou Executive Summary (la seule partie qui sera potentiellement lue)
  • Description de l’entreprise (la carte d’identité de l’entreprise)
  • Marketing (la fameuse étude de marché, segmentation, concurrence, politique de prix, stratégie commerciale, bla bla bla…)
  • Annexes financières (Sûrement ma partie préférée !!)

Maintenant, amusons nous à classer ces sections par ordre d’utilité (0 = méga bullshit, 1 = super bullshit, 2 = bullshit, 3 = passable, 4 = ça peut être utile , 5 = utile) :

  • Executive summary = 0 (Autant présenter l’entreprise directement à l’aide de la section 2)
  • Description de l’entreprise = 5 (Faut montrer qui on est !)
  • Marketing = 2 

Je vais m’arrêter 2 minutes sur cette section car il y a du pour et du contre. Le pour, c’est la concurrence ! Il faut savoir qui s’attaque au même marché que nous ! D’ailleurs, pour ceux qui seraient rassurés par le fait qu’il n’y ait pas de concurrent, c’est soit :

  • Vous n’avez pas bien cherché
  • Il n’y a pas de marché
  • Vous êtes trop en avance par rapport à votre temps donc problème de timing (cf. vidéo Bill Gross ci-dessus).

Alors, il faut être content d’avoir des concurrents ! Google n’était pas le premier et regardait. Facebook n’était pas le premier réseau social et regardait.

Sinon, le reste de la section poubelle ! Surtout la partie étude de marché. Elle me fait bien rire. En général, vous savez c’est un peu l’étape parallèle au business plan. Ah oui, il faut faire une étude de marché ! C’est bon tu as validé ton idée auprès du marché ? Tu es sûr qu’on ne va pas développer pendant 1 an et après sortir un produit qui ne répond pas aux besoins des utilisateurs ?

Avouons le, les sondages, les formulaires c’est chiant ! En plus, il existe un très grand décalage entre ce que les personnes répondent et ce qu’elles pensent réellement. Cela me fait penser à un article paru sur Maddyness récemment, je citerais juste un passage :

On ne peut se limiter à demander à un client ce qu’il pense ou veut, via une étude de marché classique. Il existe un écart trop important entre ce que les personnes disent et ce qu’elles font, c’est à dire entre leurs intentions et leurs actions.

Pigé ?

Passons, maintenant à MA SECTION FAVORITE : les annexes financières ! Niveau utilité = 000000000 (Méga bullshit !)

Pourquoi ? Et bien ce ne sont que des hypothèses. On joue aux devinettes. Tiens, moi je pense que pour O’Way, on aura 10 000 utilisateurs actifs sur le premier mois, du coup 100 000 de bénéfices.

D’où est ce qu’il sort ce 100 000 ?

Attends je vais te démontrer ça rapidement : « Donc d’après la conjoncture socio-économique, couplé par un marché en croissance de 20% chaque mois. Ajouté à cela, la moyenne du temps passé par les gens sur leurs smarpthone en France. Cela équivaut en moyenne à 10 000 utilisateurs sur le premier mois…Bla Bla Bla. »

La seule vérité : C’est qu’on en sait rien ! Alors pourquoi inventer ces chiffres ? Pire, vouloir les justifier ? A la limite, on peut chiffrer ses coûts mais le reste, c’est l’avenir qui nous le dira et pas le contraire. D’ailleurs, on doit être mauvais en devinettes car un business plan se passe RAREMENT comme prévu.

On s’accroche, voici le dernier argument.

Argument 3 : Un business plan, ça rassure les investisseurs.

Bien sûr ! Qui ne serait pas rassuré lorsqu’on te dit : « Bonhomme, pour la prochaine année, 1 000 000 d’utilisateurs actifs. Tu as bien entendu, 1 000 000! »

A ce rythme, les dollars défilent déjà dans la tête de l’investisseur. Mais, c’est à ce moment fatidique, qu’il commence à émettre des doutes : « Mais, vous êtes un peu présomptueux jeune homme. A la limite de l’arrogance ! » 

Ou pire dans le sens inverse, vous avez sous-estimé le potentiel du marché, du produit. C’est là qu’il te dit : « Pourquoi si peu ? Vous n’avez pas confiance en vous ? En votre équipe ? En votre produit ? »

Que des problèmes ces estimations…

Au lieu de faire des estimations sur le futur, pourquoi ne pas raconter votre présent ? Des faits ? Des métriques comme le nombre actuel de pré-inscrits ? 

Une hypothèse est contestable contrairement à des faits. Par exemple, dans le cas du projet O’Way, on peut dire qu’on a réussi une campagne de crowdfunding. C’est un fait qui est incontestable et qui amène de la crédibilité au projet. Plus que des chiffres sortis de nulle part.

Racontons notre histoire actuelle et écrivons la suite, pas l’inverse !

O’Way !

Sources articles pour les plus curieux :

http://www.forbes.com/sites/neilpatel/2015/01/16/90-of-startups-will-fail-heres-what-you-need-to-know-about-the-10/

http://www.maddyness.com/accompagnement/mentoring/2015/12/22/anthropologue/

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Une réflexion sur “Un business plan, ça sert à rien !

  1. Excellent article, MERCI ! Ça fait des mois que je ne dors plus à cause du stress généré par ce Business Plan et notamment les pages d’analyse financière. Comme tu le dis, je ne sais pas à priori si ça va marcher ou non, donc autant lancer, tester et me confronter aux vrais utilisateurs… et découvrir mon marché ! Bravo pour le crowdfunding, nous ça se termine dans 2 jours, on y croit et on avance !!!

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